Espace presse
Concertclassic.com 07 Février 2010 – Compte-rendu : Jan Lisiecki – Un
talent ingénu
Pascal Escande,
directeur du Festival d’Auvers-sur-Oise, a eu du flair en invitant pour la
première fois en France l’an dernier le jeune Canadien Jan Lisiecki (il se produisait
avec le Quatuor Ebène et Stéphane Logerot dans la version de chambre du Concerto
n° 1 de Chopin). Né en 1995 de parents d’origine polonaise, le pianiste a
fait ses débuts avec orchestre à l’âge de neuf ans et possède déjà une solide
expérience de la vie de
Un « petit prodige » ? Si vous y tenez, mais d’abord et surtout un étonnant
musicien de quatorze ans, « bien dans ses baskets » – et un exemple à donner à
nombre parents de musiciens surdoués… Visage et chevelure d’ange, silhouette élancée,
Jan Lisiecki est désarmant de simplicité, de naturel, d’espièglerie. C’est tout
le contraire du prodige « sous cloche de verre », coupé du monde, se refusant –
ou se voyant refuser… – les plaisirs des adolescents de son âge sous prétexte
de dons hors du commun. Avant un
avec une petite balade… en skateboard !
Récemment
remarqué lors de la soirée de gala du MIDEM de Cannes, le pianiste faisait
halte pour un récital à Bibliothèque Polonaise de
lendemain d’une soirée partagée avec son aîné Ilya Rashkovsky dans le cadre de
Piano Campus à Pontoise. Le grand queue Bösendorfer est surdimensionné pour le
petit auditorium de la Bibliothèque, mais le bonheur d’écouter Jan Lisiecki
conduit vite à faire abstraction de ce point.
Dès les notes
répétées qui lancent la Grande Valse op. 18, on comprend qu’un vrai
conteur est à l’œuvre. Les Valses op. 64 n°1 et 2 sont aussi irrésistibles de
fraîcheur, de chic, d’imagination narrative ; elles semblent naître sous les
doigts de leur interprète. Quant l’Andante spianato, pris de façon plus
allante qu’on en a l’habitude, il frémit d’impatience… de laisser éclater la Grande
Polonaise brillante ! Bonheur dont Jan Lisiecki ne se prive pas ; l’œuvre
est faite pour ça !
En seconde
partie, neuf des Douze Etudes op. 25 soulignent les moyens techniques
certes, mais surtout l’intelligence poétique du jeune Canadien. Feu et
tendresse se mêlent dans un jeu attentif aux couleurs, aux caractères, soulignant
une riche personnalité – mais rigoureusement aucun ego mal placé –, qu’il
importe maintenant de laisser mûrir et s’épanouir, sans précipiter les choses…
Notez enfin que
les deux
de Chopin, enregistrés live avec le Sinfonia Varsovia sous la baguette d’Howard
Shelley, seront disponibles fin mars en France (2). Une attachante illustration
du talent ingénu – et bigrement prometteur ! – de Jan Lisiecki.
Alain Cochard
(1) Un lieu
magnifique, et relativement méconnu, dont on ne peut que vivement recommander
la visite, particulièrement en cette année Chopin
(2) 1 CD Narodwy
Institut Fryderyka Chopina ( NIFCCD 200 / Dist. Codaex – disponible le 15 mars)
Polonaise de
7 janvier 2010
en savoir plus sur Jan Lisiecki : www.janlisiecki.com